Extra-terrestres, vrais mecs et morceaux de cervelle

Extra-terrestres, vrais mecs et morceaux de cervelle

Chère Gorothèque, depuis que je n’ai plus le droit de dire du mal des auvergnats, j’ai beaucoup de problèmes à épancher toute cette agressivité que j’ai en moi. Pour me calmer, j’aimerais bien que tu me conseilles un film avec tout ce que j’aime dedans : du sang, des boyaux, des étrangers qui se font éviscérer et de la cervelle.

Brice H.

Cher Brice, je comprends tout à fait ton problème. Moi-même, depuis que j’ai appris qu’il était illégal de noyer des châtons, ma vie est devenue un enfer. Heureusement, tu peux faire comme moi et ressortir la VHS du premier film de Peter Jackson, un chef d’œuvre gore réalisé le week-end avec ses copains, le splendide Bad Taste.

Un petit village de Nouvelle-Zélande a été envahi par des extra-terrestres à l’allure humaine. Comme le gouvernement est très malin, il envoie son équipe de casse-cou, les vrais mecs.

Le premier vrai mec est un barbu. Il est poursuivi sur une plage par un type super lent. Ce n’est pas Édouard Balladur, c’est un extra-terrestre. Quelques coups de magnum dans le bide ne lui font rien, mais ouf, un bon tir à bout portant qui arrache la moitié de la boîte crânienne, ça suffit pour calmer le plus affamé des vilains de l’espace. En plus ça fout de la sauce tomate partout, ça fait toujours plaisir.

Le deuxième vrai mec, c’est le sosie de Rick Moranis. Il est poursuivi par une bande de moches. Rick Moranis a emmené son nécessaire de camping, donc il a un uzi. Pan pan sur le premier. Malheur ! Il tombe sur l’arme. Soyons malin, en appuyant un peu, on arrive à faire dépasser le bout du canon de l’autre côté du ventre, ce qui permet d’abattre les autres poursuivants. Rick vise bien, l’un d’entre eux tient un marteau, paf, le bras de l’extra-terrestre tombe vers l’arrière, l’épaule déchirée par les balles, et le marteau explose la cervelle du suivant. Efficace le petit.

Dans un buisson, un extra-terrestre déguste avec une petite cuillère l’intérieur de la tête d’un cadavre. Comme il aime pas trop être dérangé, il pourchasse le représentant de commerce qui passe par là. S’ensuit une séquence trop angoissante sur le thème « oh non je sais plus quelle est la clé » puis « oh non la voiture veut pas démarrer » puis « oh non la fenêtre met trop longtemps à remonter, faut dire c’est une fenêtre à manivelle ». Oh mon dieu, quel suspense, heureusement j’avais prévu une culotte de rechange.

Quand le représentant se fait capturer par Peter Jackson en tablier de cuisine puis se réveille dans une marmite pleine de bouillon, une pomme dans la bouche et un parterre d’extra-terrestres autour, il est temps que les deux autres vrais mecs interviennent. Autant vous prévenir tout de suite, c’est les années quatre-vingt, on est en Nouvelle-Zélande, leur look laisse un poil à désirer. Par chance pour le spectateur, il mettent leur habit de combat avant de rentrer par la fenêtre dans la maison des méchants, ce qui nous épargne leurs coiffures.

Un type les surprend. Comment le faire taire ? Facile : on lui arrache la tête avec les mains. La colonne vertébrale est attachée ? Pas de problème, on pose le pied dessus, on tire un coup sec, puis, avec l’autre pied, on shoote la tête par la fenêtre. But !

Cher Brice, dans Bad Taste, tu verras un sosie de Rick Moranis qui met des coups de boule à une mouette, des extra-terrestres qui boivent du vomi turquoise ainsi qu’une technique médicale qui permet de recoller un bout de cerveau tombé par terre dans sa propre boîte cranienne. Un film au bon goût exemplaire qui donne faim et rappelle aux immigrés illégaux qu’ils ont bien de la chance de pas être des extra-terrestres, parce que ok, on les renvoie chez eux, mais on les décapite au passage.

Amoureusement.

Bad Taste, classique gore de Peter Jackson (Nouvelle-Zélande, 1987). Avec Peter Jackson, Terry Potter et Pete O’Herne. Sorti dans les salles françaises les 24 août 1988. 1h31. Disponible en DVD.