1973 – Paroles de songwriter

1973 – Paroles de songwriter

La dernière fois que nous avons rencontré Nicolas Frank, chanteur et parolier du groupe de pop parisiano-californienne 1973, c’était plusieurs mois avant la sortie de leur EP, frais et léger comme une brise printanière. Quelques premières parties de Air, Rose, et Cœur de Pirate plus tard, nous l’avons retrouvé à l’occasion de la sortie d’un premier album baptisé Bye Bye Cellphone, le 7 juin prochain…

Bonjour Nicolas ! Dans 1973, tu chantes, mais tu écris aussi les paroles des chansons. Comment conçois-tu ton rôle de songwriter ?

Écrire les paroles, c’est vraiment mon truc dans le groupe. Bien sûr, Jérôme et Thibaut s’y intéressent, mais ils sont plus compositeurs qu’auteurs. De mon côté, j’ai toujours aimé savoir de quoi les chansons parlent, même les chansons en anglais. Quand j’écoute un nouvel album, je mets le son un peu fort avec le livret dans les mains, et je regarde de quoi ça parle. Si la musique est chouette mais que je trouve les paroles simplistes, je suis toujours un peu déçu.

Sur l’EP, les titres parlaient beaucoup de filles… Qu’en est-il de l’album ?

C’est cool de faire des chansons de plage avec des histoires de filles, et ça vient naturellement. « Simple Song for a complicated girl » est un morceau hyper simple avec trois accords et des paroles simplistes, mais que j’adore ! Maintenant, on ne parle pas que de filles. « You say you will » évoque tous ces trucs importants qu’on voudrait vraiment faire mais qu’on remet au lendemain, parce qu’on se laisse prendre par le quotidien. « Sexy Plane » parle du danger de ce qui brille, et « Princes » raconte l’histoire d’un VRP qui se lève le matin et qui part bosser, en sous-entendant que ça n’est évidemment pas un métier facile et qu’on pourrait rêver d’autre chose… Ce sont des thèmes plus graves, mais qu’on chante sans vouloir faire la morale à personne, ni vraiment se prendre au sérieux. Dans « Princes », par exemple, on ne juge rien. C’est juste une chanson affectueuse vis-à-vis de ceux qui font des boulots difficiles et parfois peu gratifiants…

Il y aurait donc une dimension sociale dans vos textes ?

Sociale, oui, mais plutôt dans le sens d’humain, sans prétention. Dans d’autres chansons, on parle aussi du temps qui passe. C’est le cas de « September », mais aussi de « Little things to take away » qui évoque les souvenirs, les petites choses à emporter, comme des images de vacances, des moments qui, avec la distance, semblent presque parfaits. Le refrain dit qu’il est temps de croire à un nouveau mensonge, parce qu’on se ment souvent avec nos souvenirs… Mais ça reste bien sûr ma vérité, que je n’impose à personne. Les gens sont libres de vouloir l’entendre ou pas. Ce qui compte c’est d’ailleurs moins ce que j’ai voulu dire et pourquoi je l’ai écrit, que la manière dont les gens vont recevoir le morceau. Ceux qui écouteront « Little Sis’ » où un grand frère s’adresse à sa petite sœur qui fait des bêtises, se ficheront pas mal de savoir si j’ai une petite sœur ou pas.

Ah ? Et tu as une petite sœur ?

Non…

Vous avez fait pas mal de premières parties ces derniers mois, notamment celles de Air. Comment ça s’est passé avec eux ?

Très bien, même si on n’a pas eu énormément de contacts. Ils étaient dans leur Tour Bus, on logeait dans des hôtels différents, on avait des horaires différents. Quand on arrivait pour faire les balances, ils étaient en train de faire les leurs, etc. En fait, on n’a souvent fait que se croiser, et les seuls moments où on se voyait un peu, c’était après les concerts. Mais c’est normal, c’est souvent comme ça les premières parties.

Quel est ton meilleur souvenir de concert ?

La première partie de Cœur de Pirate, à Avignon. C’était le sud, il y avait 1400 personnes, les gens étaient hyper chaleureux… C’était vraiment bien ! Cœur de Pirate remue tellement les foules que, dans son public, certains s’étaient renseignés sur sa première partie et avaient fait des pancartes 1973. C’est génial d’avoir un accueil comme ça ! C’est hyper gentil et ça donne vraiment envie. Du coup, musicalement aussi, c’était bien. Quand tu es devant un public qui hurle et qui tape dans ses mains, tu te sens porté et tu fais forcément un meilleur concert…

As-tu une idée aujourd’hui de ce à quoi ressemble votre public ?

Les gens ne viennent pas nous dire quand ils n’ont pas aimé… mais dans ceux qui viennent nous dire qu’ils ont aimé, il y a des gens très différents. C’est sûr que les nanas de 15 ans, qui étaient nombreuses au concert de Cœur de Pirate, sont plus expressives, elles demandent des autographes, etc. Mais des hommes, qui ont la quarantaine, sont aussi venus nous voir pour nous dire – plus discrètement, évidemment – que notre musique leur avait plu. En bref, pour le moment, on a un public plutôt hétéroclite et on en est super content !

Vous jouerez le 30 juin au Café de la Danse. Avez-vous prévu quelque chose de particulier pour ce concert ?

Franchement, on ne sait pas. On va peut-être faire une reprise, on essaie d’y réfléchir en ce moment. Le seul truc dont on soit sûr, c’est qu’on veut que ce soit très différent de l’original. Pourquoi pas sur le thème de la boum, « Dreams are my reality » ? Il y a un an, au Point Ephémère, on avait repris « Jump » de Van Halen. C’était marrant…

Deux mots sur Stéphane Kronborg, « votre beau bassiste danois » et Raphael Séguignier, votre « batteur magicien » ?

Ils vont bien. Ils sont tous les deux très occupés, le batteur avec Cocoon et le bassiste avec Féfé. Pour le moment, on joue donc avec leurs remplaçants qui sont Mathieu Gayout, un batteur qui joue aussi pour Nouvelle Vague, et le bassiste Antoine Reininger, qui est vraiment une bête !

Crédit photo : Damien Cuillery


Les 1973 seront en concert le 2 juin, à Alençon, en première partie de Revolver, et le 30 juin au Café de la Danse, à Paris. Toutes les infos sur http://www.loveis1973.com/site/