Yakuzas, enlèvements et torture

Yakuzas, enlèvements et torture

Chère Gorothèque, je sais pas trop ce qui se passe en ce moment, mais les journalistes ils font rien qu’à m’embêter. Pourtant, le mois d’août normalement c’est tranquille. Alors du coup, pour me détendre, il me faudrait un film avec ce que j’aime (du sang, des serial-killers, des truands et du sang). Est-ce que tu aurais quelque chose pour moi ?

- Eric W.

Cher Eric, je te comprends. Moi aussi, je me souviens, il y a quelques années, je trouvai bien pénible de me retrouver en première page de tous les journaux people sous prétexte que j’avais trompé Scarlet Johannson avec Keira Knightley et Zooey Deschanel, mais enfin c’est pas ma faute à moi si elles sont folles de mon corps. Rassure-toi, j’ai le film qu’il te faut : Ichi The Killer.

À Tokyo, dans un quartier mal famé, des types vont nettoyer un appart. Il faut dire qu’il est plein de tripes, et d’ailleurs quand ils rentrent, l’un d’eux glisse et se casse la gueule. Ah, il y a du sang qui dégouline du plafond, il vont avoir du boulot. C’est Ichi, le mafioso barjo qui a salopé la pièce.

Anjo, un yakuza bien placé, a disparu, et plein d’argent a été volé . Kakihara est persuadé qu’il est encore vivant et décide d’aller le chercher. Kakihara a des cicatrices plein le visage, des piercings aux coins des lèvres et quand il grille une cigarette, la fumée sort par les entailles de ses joues. D’après ses indics, c’est une organisation concurrente qui a enlevé le boss. Du coup, Kakihara enlève un de leurs responsables pour le torturer.

Des crochets, des fils de pêche, c’est très pratique pour suspendre quelqu’un au plafond. C’est ce que Suzuki, qui n’est pas une moto mais le kidnappé, découvre au réveil. En plus, les crochets, ça fait double emploi : Kakihara peut lui en enfoncer dans la bouche pour lui apprendre à pas mentir. Pour vérifier, une bonne casserole d’huile bouillante vidée sur le dos, ça fait toujours son effet. Quand les amis de Suzuki arrivent, ça la fout mal, surtout que Kakihara est en train de lui enfoncer des pics dans le zizi. Mais bon, le tuyau était crevé, c’est pas eux, on les laisse repartir, c’est pas grave, tout le monde a le droit à l’erreur, et puis des crochets dans le dos ça forge le caractère. En plus, pour se faire pardonner, Kakihara se tranche la langue, alors…

Dans une chambre d’hôtel, les yakuza trouvent Jiijii, un gangster, bien défoncé et avec de la thune plein les poches. Ils l’enferment dans une télé pour l’interroger. Il explique qu’Anjo est mort, et que c’est Ichi qui l’a tué. La prochaine cible d’Ichi : Kakihara.

Dans une chambre, une prostituée se fait tabasser par son mac. Comme un visage plein de sang ça l’a jamais dégoûté, une fois qu’elle est à terre, il la viole. À la fenêtre, un type en costume de super-héros les regarde. C’est Ichi. Le mac remonte son slip des années 80 et va le taper. Du coup, d’un coup de pied, le mac se fait couper en deux dans le sens de la hauteur, puisque le tueur a des lames de hachoir rétractables fixées aux talons.  La prostituée attaque le super-héros avec une batte de base-ball. En esquivant, un coup de pied mal placé égorge la péripatéticienne. Finalement, c’est pas très malin cette histoire de hachoirs.

Cher Eric, dans Ichi The Killer, tu trouveras aussi des pipics enfoncés dans des pieds, des tueurs en série autistes qui rackettent des enfants ainsi que des arrachages de joue qui font jouir l’arracheuse. Et je te rassure : là je te laisse encore plein de surprises. Un film qui te rappellera que quand même, ministre du budget, ça reste un métier assez facile et que les journalistes sont finalement plus sympas que les yakuzas serial-killers autistes. Fais la bise à Liliane et Ingrid de ma part.

Sentimentalement.

Ichi The Killer (Koroshiya Ichi), film philosophique de Takashi Miike (Japon, 2001). Avec Tadanobu Asano, Shinya Tsukamoto, Nao Omori et Alien Sun. 2h10