On m’a toujours dit que les livres sont faits pour être lus, pour voyager, pour rêver et surtout pour être partagés. Parfois offerts, parfois prêtés, parfois perdus ou abandonnés. Présents à portée de main, objets précieux dont on peut se séparer si c’est pour offrir un peu de rêve.
Les livres de poche sont nos compagnons de tous les jours. Ils sont là, dans notre sac, à attendre que l’on ait une minute pour lire quelques pages et continuer l’histoire. Il y a les petits formats que l’on promène partout, que l’on prête facilement, qu’on abandonne dans un café ou dans le métro pour que, peut-être, le prochain passant l’adopte. Il y a les policiers qu’on lit en vibrant dans le métro, la chick lit’ au fond d’un fauteuil moelleux au Starbucks, un essai passionnant sur un banc au soleil, un livre de gare à la plage, … Il y a celui que l’on vient d’acheter pour nous tenir compagnie et que l’on veut commencer même si on va au cinéma et là, on est déçu que la lumière s’éteigne. On n’y fait que très moyennement attention, ils sont là «au cas où», ceux qui s’achètent parfois en gare avant de monter dans un train, dans un aéroport avant de prendre un avion, pour nous faire passer le temps, achats faciles et parfois compulsifs. On voyage avec et grâce aux livres.
Mais il y a aussi les « beaux livres » que l’on s’offre exceptionnellement ou qu’on se fait offrir sur des sujets qui nous touchent. Achats réfléchis faits, si possible, dans une petite librairie sympathique. Ils sont gros et parfois encombrants; on les laisse chez nous. On les feuillette à l’abri de notre chambre. On les lit au lit en espérant rêver de leur contenu, au fond d’un canapé pendant que son conjoint occupe son ordinateur, sur une table bien calé dans sa chaise avec un thé brûlant et un macaron. On caresse leur couverture si douce. On admire les photos choisies spécialement pour appuyer le propos de l’écrivain. On les regarde de façon respectueuse, en faisant attention de ne pas les abîmer. On les prête parfois, mais en exigeant leur retour. Ceux-là ne voyageront pas, bien en vue sur les étagères pour apprécier leurs belles couvertures ou exposés sur la table basse tels des trophées attendant d’être délogé par une prochaine acquisition.
Mais dans le futur, avec les Kindle ou les iPad que deviendront nos livres ? Ce cher papier ? Cette odeur d’imprimerie ? J’aime les livres en tant qu’objet, j’aime les prêter, les donner, les partager. Je n’aimerais pas acheter un livre numérique encombré de DRM de toutes sortes que je ne pourrais pas utiliser à ma guise. Je ne suis pas sûre que le plaisir de lire sera le même. Lire un livre est quand même un acte bien particulier. Il y a une texture, une odeur, des choix existentiels à faire, est-ce que je mets un marque-page ou est-ce que je la plie ? Lequel j’emporte dans mon sac, lequel je laisse au pied de mon lit ? Attachée à l’objet, je pense que je ne serai pas de ceux qui passeront le pas du tout électronique.

Je suis assez d’accord, en parlant de ça, que vas-tu retenir de la rentrée littéraire?
En premier je pense à Andrée Chedid, Amélie Nothomb et Virginie Despentes.
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Ensuite j’ai envie de découvrir « La vie est brève et le désir sans fin » de Patrick Lapeyre.
Et pour finir je vais me désoler que 497 livres sortent cette rentrée et que je ne pourrais pas tous les lires
Bonsoir Julie,
un commentaire en passant juste pour dire que je suis d’accord avec toi sur le plaisir de lire un livre « papier ».
cependant, j’imùagine que les i.pad et autres tablettes numériques vont nous apporter d’autres plaisirs,encore inexpérimentés (comme télécharger un livre où on veut, quand on veut, même quand les librairies sont fermées, stocker sa réserve de livres de vacances dans un petit objet etc.)
Pour ma part, je pense que le livre papier existera toujours, mais qu’il sera désormais « une » des différentes façons de lire.
A bientôt et merci pour ce beau billet
Tonie Behar
http://www.slate.fr/lien/27987/mort-livre-tablette