En grosso modo quatorze mois, Eels a sorti trois albums-concept qui explorent le désir, la perte puis la rédemption. Amateurs de musique dépouillée, papa Mark Olivier Emerett a du matos pour vous, pile à temps pour la rentrée des classes.
Commençons par le commencement, pour une fois. Juin 2009, l’homme derrière Eels, E, sort de derrière sa barbe ZZ Top-ienne un nouveau disque, Hombre Lobo dont le sous-titre, 12 songs for desire, ne laisse de mystère pour personne. C’est chaud, ça bouge, E avait rarement fait du aussi peu cérébral. Bon, je tiens cependant à tempérer un peu : on est ici chez un des types les plus autistes et timides du monde, vous pouvez reboutonner votre chemise, Eels c’est pas les Vengaboys. Mais n’empêche que. E a toujours mis beaucoup de sa vie personnelle dans sa musique, et ça faisait plaisir de savoir que l’artiste avait à nouveau la trique.
Janvier 2010, patatras. Eels sort End Times et on a envie de se tirer une balle dans la tête. E s’est encore fait plaquer, et voilà qu’on a un nouvel album dépressif. Dans ce qu’il désigne comme son « album de rupture« , le chanteur se présente comme désœuvré face au divorce et à la solitude qui s’en suit. On y retrouve un homme solitaire, désemparé par sa vieillesse, dépassé par la modernité.
Août 2010, ça va mieux. Tomorrow Morning est l’album du rebond. Celui qui rappelle que la vie est belle quand on se retrouve une meuf et que finalement, il y a de l’espoir et que c’est pas parce qu’on a vieilli qu’on peut pas retrouver la tendresse. Si Hombre Lobo parlait cul, Tomorrow Morning, c’est clairement plutôt ta main dans la mienne et les bisous dans le cou; l’amour, le mièvre, celui qui est « dans le pré« .
Au fil des années, au fond de sa cave, E a perfectionné un style bien à lui. Adepte du mixeur quatre-pistes et du songwriting très épuré, il étale ses plaies autobiographiques sur des pistes dépouillées, aux mélodies simples et à la production minimale, loin des modes et des orchestrations symphoniques. Cette nouvelle trilogie vient une nouvelle fois prouver, s’il en était encore besoin, que sa musique, même si elle n’est pas la plus créative, reste extrêmement juste – et donc extrêmement touchante.
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Eels – Hombre Lobo (États-Unis, 2009). Publié chez Vagrant. 40min11.
Tracklist : prizefighter / that look you give that guy / lilac breeze / in my dreams / tremendous dynamite / the longing / fresh blood / what’s a fella gotta do / my timing is off / all the beautiful things / beginner’s luck / ordinary man
Eels – End Times (États-Unis, 2010). Publié chez Vagrant. 39min56.
Tracklist : The Beginning / Gone Man / In My Younger Days / Mansions of Los Feliz / A Line in the Dirt/ End Times / Apple Trees / Paradise Blues / Nowadays / Unhinged / High and Lonesome / I Need a Mother / Little Bird / On My Feet `
Eels – Tomorrow Morning (États-Unis, 2010). Publié chez Vagrant. 46min07.
Tracklist : in gratitude for this magnificent day / i’m a hummingbird / the morning / baby loves me / spectacular girl / what i have to offer / this is where it gets good / after the earthquake / oh so lovely / the man / looking up / that’s not her way / i like the way this is going / mystery of life
