Il est 10h20 du matin, dans une métropole espagnole, ou peut-être allemande, ou suédoise. Vous êtes tiré de votre lit superposé par les hurlements d’une bande d’autrichiens qui rentrent tout juste d’un after déjanté. Plus que 10’ avant que les portes de la salle du petit-déjeuner se referment à tout jamais, plus que 30 pour prendre une douche dans le bac inondé avant qu’on ne vous jette hors de votre chambre.
Pour accompagner votre buffet café & pancakes, de la techno eurotrash qui rappelle à la majeure partie de la collectivité la soirée passée. Ou peut-être sera-ce Lady Gaga, ou bien un remix quelconque de Moby …
… et là, je dis halte aux idées reçues sur les BO des auberges de jeunesses, ou « hostels », pour les plus internationaux d’entre vous. Car les hostels, c’est bien plus que ça.
C’est aussi des soirées passées à boire des bières sur un sofa alors que vient à vos oreilles, sans prévenir, un groupe, un son qui tombe pile poil, à ce moment même où on se sentait un peu loin de chez soi. Le genre de groupe qu’on se croyait seul à connaître, petit Parisien prétentieux, alors que manifestement le secret était largement partagé par l’internationale des backpackers.
Après avoir parcouru le monde pour cette seule investigation, tel un Hunter Thomson de banlieue parisienne, je suis aujourd’hui en mesure de révéler le nom du groupe qui à lui tout seul symbolise la BO des meilleurs hostels. C’est Edward Sharpe & The Magnetic Zeros. Et ce pour au moins 3 bonnes raisons.
- Parce qu’en moins d’un mois, je les ai entendus dans trois hostels, sur presque tous les continents (presque) ;
- Parce qu’à CHAQUE fois, le gars ou la fille qui a passé du Edward Sharpe a été gratifié d’une quasi ovation générale ;
- Parce que la 3e fois, ce sont deux Américaines un peu perchées mais sonnant juste qui ont repris « Home », le single absolu d’Edward Sharpe, à une seule guitare de 5 cordes.
Edward Sharpe & The Magnetic Zeros a enfin toutes les qualités pour revendiquer ce titre. Ils sont dix, parfois même plus. Ils ont des cuivres MAIS ce n’est pas du ska. Ils ont un accordéon, mais ce n’est pas ça qui les définit… Dans leurs chansons, ils parlent de désert, de cavalcades amoureuses à travers l’Amérique, de communautés idéales… Autant de thèmes qui sonnent juste aux oreilles du backpacker égaré.
Bien sûr, les esprits chagrins se feront fort de pointer du doigt un énième groupe de néo hippies, qui ne seraient rien sans les substances auxquelles ils carburent. A ceux-là, je réponds que ce n’est pas tout à fait faux. Mais que c’est tout de même petit bras de réduire Edward Sharpe à cela, parce que combien de néo-hippies sauraient ainsi mettre le feu chez David Letterman :
http://www.youtube.com/watch?v=6Cy3hMbl1W8 ?
Et combien savent apporter la joie dans le Yucatan pour une session (presque) improvisée :
http://www.youtube.com/watch?v=CNp4p3DZ2Nk&feature=fvst ?
Certainement pas un petit bras comme Devendra Banhart, ou tous les opportunistes qui ont repris son créneau.
Parvenu si loin déjà dans cet article, et même si je risque de décevoir, je me dois pourtant de rétablir la vérité. En fait, Edward Sharpe n’existe pas. Il s’agit de l’alter ego qu’Alex Ebert, le chanteur et leader du groupe, s’est inventé. Ce serait, à l’en croire, un « personnage messianique », venu sur terre pour « soulager et sauver le genre humain », sauf qu’il se serait égaré dans les affres de la vie terrestre en chemin … Ce devait être au départ le protagoniste d’un roman qu’Ebert projetait d’écrire. J’espère que ce projet n’est pas complètement tombé à l’eau.
Et en plus, ils bossent ! Ce qui est plus qu’admirable pour des néo-hippies. Ils étaient à Rock en Seine le weekend dernier, et le groupe soutiendra la sortie de l’album solo d’Alex Ebert tout au long de l’automne.
Autant d’occasions donc de potasser avant votre prochaine visite sur hostelworld.com.

L’article aurait pu être bien si le nom du groupe avait été bien orthographié…ceci étant dit, leur performance à rock en seine était grandiose!
« Parce qu’en moins d’un mois, je les ai entendus dans trois hostels, sur presque tous les continents (presque) » (cic)
heum certes…si par « tous les continents » on entends 2-3 métropoles euro-américaines et un coin de campagne, alors ok…ah.. nous les occidentaux, c’est bien connu on est LE centre de l’univers..
Bande de merdes.
On se demande bien de quel groupe minable vous faites partie tous les deux.
C’est classieux ces commentaires !
Heureusement que vous n’avez pas de pianiste à insulter !
Le dit pianiste ferait mieux d’écrire plus pour Platypus au lieu d’envoyer ses sbires …
C’est pas faux !