Vous non plus vous ne vous remettez pas de la mort de Steve Jobs ? Vous aussi vous avez la nausée lorsque vous êtes à plus de 20 mètres de la borne Wifi la plus proche ? Vous en avez marre de ce corps de geek incapable de suivre vos envies ? Google est là pour vous !
Google démocratie est un roman d’anticipation, analysant la situation contemporaine de notre bonne vieille planète et extrapolant sur ce que le monde sera dans dix ans. Et ce n’est pas très rassurant. En 2018 Google est un conglomérat monstrueux, contrôlant la majeure partie de l’industrie de pointe au niveau mondial, dictant à tous les gouvernements ou presque leur politique en matière de technologie, d’écologie, de sécurité intérieure. Des deux fondateurs originaux Larry Mage et Sergey Brain (pour Larry Page et Sergey Brin) seul Sergey a survécu, échappant à la montée du terrorisme antitechnologique dont son pote de toujours a fait les frais. Mais l’avenir n’est pas rose puisqu’il vient de découvrir qu’il est porteur du gène de la maladie de Parkinson et que d’ici quelques mois il ne sera plus que l’ombre de lui-même… Oui car Google a rendu possible l’exploitation de la cartographie du génome humain, et pour peu qu’on en ait les moyens vous pouvez savoir quel est votre potentiel génétique, votre destin médical… et choisir tout un tas d’options pour votre futur enfant.
Bon, je ne vais pas m’éterniser sur le scénar qui oppose les bio-conservateurs (européens pour la plupart, attachés à un concept dépassé d’éthique) au trans-humanistes qui à l’instar de Google veulent améliorer l’humanité au delà de ses limités carbonées. On ajoute à cela une petite part de polar classique avec des barbouzes dans les deux camps qui s’affrontent sur fond de mise en place de la première véritable intelligence artificielle efficace… Et on obtient un roman moyen mais efficace.
Entendons-nous bien, la base est maitrisée, la narration se fait au travers de quelques personnages clés que nous suivons au fil du texte et de leurs interactions. C’est propre. Mais c’est déjà vu deux millions de fois à peu près. On se dit que ce n’est pas grave tant que le fond, lui, nous tient en haleine… Mais c’est assez décevant. On sent que les deux types qui écrivent ça (Laurent Alexandre, le médecin spécialiste en nouvelles technologies, et David Angevin, le romancier) connaissent bien le sujet et tentent de nous le rendre passionnant. Mais la sauce ne prend pas. Les personnages manquent d’épaisseur, les situations décrites sont parfois invraisemblables (où sont passés Mark Zuckerberg et Facebook dans tout ce merdier ?), et sans que l’on s’ennuie vraiment, on n’est pas non plus happé par l’histoire.
Dommage. Le pitch était prometteur, et c’est le sujet qu’on aimerait voir bien traité… Le problème étant que pour pondre un roman d’anticipation, il ne faut pas négliger l’équilibre entre la vraisemblance scientifique et la qualité littéraire. N’est pas George Orwell qui veut.
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Google Démocratie de Laurent Alexandre et David Angevin. Publié par Naïve en 2011.
